vendredi 4 juillet 2008
Mangeons nos soucis ! Quel titre !
Le choix de ce titre c'est d'abord un clin d'œil à l'ouvrage de François Couplan, "Mangez vos soucis".
François Couplan est un ethnobotaniste auquel nous rendons hommage, car une de nos passions est la cueillette "sauvage", ou, plus précisément, la cueillette et la cuisine des plantes comestibles que l'on trouve à l'état spontané ou qui se sont implantées là ou le sol et le climat leur étaient favorables.
Ce titre contient, aussi, un condensé du sens de cette aventure. L'origine se situe dans la réflexion que nous avons menée sur notre vie, à un moment où les "soucis" avaient tendance à nous envahir. Alors, plutôt que de dépenser notre énergie à l'arrachage de ces "mauvaises herbes", nous avons fait le pari d'en tirer bénéfice.
Les évènements nous invitaient à faire un pas de côté, reconsidérer notre mode de vie, mettre en adéquation nos valeurs et nos actes, agir, se projeter dans une "nouvelle vie".
Manger ses soucis, ça va avec en prendre de la graine, tirer énergie de ce qui vous plombe en le travaillant, en le métabolisant.
Et puis, comme le dit le sage proverbe Arabe : "Oublie les soucis, les soucis t'oublieront".
PS : Nous reparlerons plus tard de François Couplan et de nos cueillettes.
vendredi 11 juillet 2008
Pesto à l'ail des ours
Voici une recette à base d'ail des ours Allium ursinum en latin (plante herbacée vivace de la famille des alliacées) dont la saison de cueillette est désormais passée. Nous en trouvons à profusion au bois de Cise à Ault, du mois d'avril au début du mois de juin. L'ail des ours aime les zones boisée, au sol basique et humide (il s'implante bien au jardin en implantation ombragée).
Attention ! L'ail des ours peut être confondu avec le muguet de mai ou le Colchique d'automne, qui sont tous les deux très toxiques.
Pesto à l'ail des ours
Ingrédients :
- Ail d'ours
- Fruit sec au choix : noix, noisettes ou amandes
- Fromage de chèvre sec (ou, plus traditionnellement, parmesan)
- Huile d'olive
- Jus de citron
- Gros sel et poivre
Pour les proportions, se fier à son goût pour le dosage des divers ingrédients.
Préparation :
- Nettoyer les feuilles d'ail des pours, les hacher grossièrement, les mixer avec le jus de citron (limite l'oxydation et le gros sel (en petite quantité), un peu de poivre.
- Ajouter les fruits secs et le fromage.
- Mettre le pesto en pot en recouvrant d'une fine couche d'huile d'olive. L'huile doit toujours recouvrir le pesto pour assurer sa bonne conservation, au froid il se garde au moins 3 semaines.
Ce pesto peut être servi en sauce pour pâtes, pommes de terre, riz, céréales (petit épeautre, par exemple), en base de farce pour des ravioles (en ajoutant un fromage frais), dilué pour préparer une sauce salade, sur une viande rouge grillée, tout simplement sur une bonne tranche de pain grillée...
Il est possible, sur le même principe, de préparer du pesto en mélange de différentes plantes sauvages comme le plantin lancéolé, l'achillée mille feuille, l'égopode, la consoude... et, bien sur, l'ail des ours comme base in-dis-pen-sable !
Pour aller plus loin
Bibliographie :
L'ail des ours et autres ails sauvages, de Bernard Bertrand, éditions de Terran.
Un lien sur le site de "Promonature" (site, activité et publications à découvrir), avec une vidéo sur la cueillette et la préparation d'une recette de tarte à l'ail des ours :
Beignets d'ortie et de consoude
L'ortie et la consoude sont deux plantes communes et très intéressantes, tant pour l'alimentation, que pour le maraîchage ou le jardinage (purins, décoctions... ). Ces 2 plantes se cueillent du printemps à la fin de l'automne.
L'ortie Urtica en latin (plantes herbacées de la famille des urticacées) est l'une des plantes comestibles incontournables, voire, indispensable. Les feuilles d'orties contiennent des protéines foliaires de très bonne qualité et en bonne quantité (9 g/100 g de feuilles), ainsi que des minéraux comme le fer et le zinc. Pour l'anecdote, les orties contiennent sept fois plus de vitamine C que les oranges.
Elle se prépare en soupe (velouté), poêlée, en gratin, en ravioles...

La consoude, Symphytum officinale en latin (plante herbacée de la famille des Boraginacées), régal végétal grâce à son gout de poisson, comme l'ortie, elle contient des protéines foliaires de bonne qualité (6,7 g/100 g de feuilles).
Elle se prépare comme l'ortie, leurs gouts se complètent très bien.
Attention ! La consoude peut être confondu avec le la digitale qui est très toxique.

Ingrédients :
- têtes d'ortie (prendre les feuilles les plus tendre, celles du haut de la plante)
- feuilles de consoude
- huile d'olive ou autre huile de friture
- Farine (T65 ou T80)
- eau très froide
- sel, poivre
Préparation :
- Diluer l'eau refroidie au réfrigérateur dans de la farine jusqu'à obtenir une pâte à crêpe semi-liquide, ne pas travailler la pâte, ajouter sel et poivre.
- Verser l'huile d'olive dans une poêle, faire chauffer (l'huile ne doit pas fumer), tremper le têtes d'orties dans la pâte et faire frire recto-verso, prendre 2 feuilles de consoude de même taille, les assembler, les enduire de pâte et les faire frire recto-verso, les beignets doivent à peine colorer.
Servir chaud sur du papier absorbant, accompagnés d'une sauce au yaourt ou d'un chutney, ces beignets sont nourrissants, originaux et délicieux.
Vous pouvez utiliser d'autres légumes pou compléter cette recette, rouelles d'oignons, fines tranches d'aubergines, lanières de courgettes, petit bouquet de choux fleur ou de brocoli...
Pour aller plus loin
Bibliographie :
Les secrets de l'ortie, de Bernard Bertrand, éditions de Terran.
La consoude, trésor du jardin, de Bernard Bertrand, éditions de Terran.
Usages médicinaux de l'ortie et de la consoude :
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=ortie_ps
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=consoude_ps
Biblio botanique gourmande et médicinale
Voici une courte bibliographie pour les amateurs de cueillettes. Certains de ces ouvrages nous sont précieux, ils nous accompagnent depuis des années là où nous cueillons. L'approche "savante" est complémentaire à la découverte de terrain, si possible accompagnée de cueilleurs chevronnés.
N'hésitez pas à partager vos lectures et compléter, ainsi, les ressources utiles.
François Couplan (liste non exhaustive de ses ouvrages) :
Mangez vos soucis ! Guide des plantes ornementales comestibles - éditions Alternatives
L'herbier à croquer - éditions Favre
L'encyclopédie des plantes comestibles de l'Europe - éditions Equilibres aujourd'hui
Vol. 1 - Le régal végétal
Vol. 2 - La cuisine sauvage
vol. 3 - Les belles vénéneuses
Le véritable régime crétois - éditions Fayard
Pierre Lieutaghi :
Le livre des bonnes herbes - éditions Actes sud
Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux - éditions Actes sud
Gérard Ducerf et Camille Thiry :
Encyclopédie des plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales - guide des diagnostics des sols - éditions Promonature
Vol. 1
Vol. 2 (en cours de publication)
Clotilde Boisvert :
Plantes et remèdes naturels - éditions Aubanel
Annie-Jeanne et Bernard Bertrand :
La cuisine sauvage des haies et des talus - éditions de Terran
La cuisine sauvage au jardin - éditions de Terran
Chez cet éditeur, des monographies passionnantes sur des plantes telles que l'ortie, la consoude, la prêle, le sureau ou, encore, le plantain.
Pour les enfants
Lionel Hignard et Alain Niels Pontoppidan :
La Cuisine de Robin des Bois - éditions Actes sud junior
La Cuisine de la reine des prés - éditions Actes sud junior
Bonnes lectures !
A propos des protéines foliaires
Faire entrer dans son alimentation des plantes "sauvages", répond à plusieurs motivations. Le plaisir, la curiosité, l'originalité font partie de ces motivations, se nourrir de façon équilibrée et finalement se "soigner préventivement", sont des motivations qui nous sont devenues essentielles. Il est passionnant de lire François Couplan à ce sujet, en particulier : Le véritable régime crétois, Les secrets de la longévité, éditions Fayard.
Voici un article sur la thématique des protéines foliaires qui illustre le propos :
Format Word
Format PDF
revaloriserlesprotines
Cueillir, sans détruire !
Cueillir, plaisir, cueillir responsable, cueillir durable :
• Ne pas toucher aux plantes protégées, ni à celles qui poussent en haute montagne dans des tourbières, et dans les zones à végétation spéciale.
• Ne jamais ramasser une plante solitaire. Ne prendre que celles qui poussent en grand nombre sur le site. Les "mauvaises herbes", par définition abondantes, représentent les meilleurs des légumes sauvages.
• Ne pas déraciner une plante sauf si l'on en convoite la racine. Dans ce cas, se contenter d'éclaircir le champ, en laissant plusieurs spécimens en place. Ces derniers profiteront de cet acte de jardinage sauvage.
• Couper délicatement les fleurs, pousses ou feuilles, entre le pouce et l'index, avec l'ongle, pour éviter d'arracher toute la plante.
• Dans la mesure du possible, ne prélever que quelques feuilles sur une plante, pour ne pas la détruire.• Eviter de prendre à la plante toutes ses fleurs et ses graines, elle en a besoin pour se reproduire.
• Ne ramassez que ce dont vous avez besoin le jour même, sachant que toute plante, sauvage ou cultivée, doit être mangée aussi fraîche que possible.
• Ne pas récolter toutes es noix ou toutes les baies, en laisser pour les oiseaux, écureuils et autres animaux qui s'en nourrissent.






